HISTOIRE - Syndicat d'Initiative De Fort-Mardyck - Office de Tourisme (site officiel)

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HISTOIRE DE LA VILLE

Quinze années de guerres franco-espagnoles se terminent sur le littoral dunkerquois après la bataille des Dunes en 1658. La ville de Dunkerque et le Fort de Mardyck, enlevés aux Espagnols et remis aux Anglais, puis rachetés en 1662, deviennent définitivement des possessions françaises. L'idée d'une grande puissance maritime, qui a pris corps en France dès le début du XVIIème siècle, devient l'une des préoccupations de Jean Baptiste Colbert, ministre du roi Louis XIV.

Le 22 septembre 1668, il crée l'inscription maritime en prescrivant un recensement général de tous les mariniers et matelots dans toutes les villes et communautés des côtes maritimes. Les marins dunkerquois sont alors plus concernés par la guerre de course et la pêche d'Islande que par le service du roi. L'administration royale, consciente de l'instabilité habituelle des familles de matelots et des circonstances particulières du port de Dunkerque, conçoit en 1670 l'installation d'une colonie de marins sur le sable des dunes, à l'emplacement des ruines de l'ancien fort. L'arrivée de ces familles, originaires du littoral de Gravelines à Etaples, répond à une volonté plus stratégique et militaire qu'économique. Raymond de Bertrand, dans son histoire de Mardyck, en 1852, explique que l" le but n'était pas uniquement de peupler cette partie de son royaume mais de trouver là, sous sa main, en toutes occasions, une pépinière de marins, dont il comprenait toute l'utilité ".

 
 

Quel paysage s'offre alors aux premiers arrivants ? Ils trouvent un espace de dunes, où ils sont appelés à vivre, quelques huttes de torchis, un arrière-pays formé de champs et de fermes isolées et une ville toute proche, nouvellement rattachée à la France, qui se sent encore plus flamande que française. Les premières familles, qui ne connaissent qu'un patois picard, ont du mal à se lier aux populations environnantes. Leur installation dans un milieu hostile est encore précaire et, souvent, des alliances sont déjà tissées préalablement dans le milieu d'origine. De nombreuses familles de pêcheurs viennent de Marck, près de Calais.
Les conditions de vie sont difficiles et misérables. Pourtant, cette colonie de marins parvient à s'implanter et à subsister dans ce milieu hostile, tant au niveau du sol qu'à celui de la langue. Elle le doit à cette communauté de biens et d'intérêts qui se met en place avec quelques droits qui leur sont octroyés dans le cadre une concession royale, confirmée par les successeurs de Louis XIV.

Dès les origines, la petite colonie de marins pêcheurs se trouve partagée en deux, de part et d'autre de la rue du Corps de Garde, accès vers la mer (actuelle rue de l'Amirauté). Ces deux parties sont administrées par les paroisses de Grande-Synthe et Petite-Synthe. Cet état de fait durera jusqu'à la Révolution.
Toute cette adversité resserre non seulement les liens, créant une solidarité familiale et professionnelle, mais elle trempe en même temps ce caractère particulier des marins fort- mardyckois, fiers de leur origine et attachés à leurs droits, leur permettant d'affronter les nombreuses tempêtes qui s'abattent sur la communauté. Sur la paroisse de Grande-Synthe est érigée en 1707 une confrérie de Saint-Pierre pour les hommes de mer du hameau des matelots-pêcheurs.

Très vite, la pêche côtière connaît un développement économique intéressant pour les pêcheurs de la concession, qui profitent un moment de la construction du canal de Mardyck (1713) démolition de son écluse (1717) pour devenir les approvisionneurs des Dunkerquois en poissons frais. En 1723 et 1730, un commissaire de la Marine, Lemasson du Parc, se rend sur le littoral dunkerquois pour mener une enquête sur les pratiques de pêches, examiner les instruments et les filets, établir la liste des noms et qualités de tous les marins pêcheurs à pied s'activant journellement sur le littoral de l'amirauté de Dunkerque.

 
 
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